Autorité et vision rassurante de l’adulte dans l’éducation

Autorité et interdits

La question de l‘autorité en éducation fait débat. COMENIUS[1], grand précurseur des idées sur l’éducation, prônait déjà une « discipline rigoureuse mais sans violence ». Beaucoup plus tard, Carl ROGERS[2] a dénoncé la sanction (et l’évaluation) comme passant à côté du véritable but : « la découverte de soi ». La psychanalyse a conduit elle aussi à la non directivité et même à « l ‘impossibilité de l’éducation », ce qui a poussé certains pédagogues à créer des écoles « sans interdits » comme celle de NEILL[3] (« Summerhill »).

 

Comenius

Reinecke, Pedagogikens historia, 1895.

 

On peut dire aujourd’hui que l’autorité est importante pour garantir les meilleures conditions d’apprentissage. Par contre celle-ci ne peut plus se poser arbitrairement, mais doit être fondée sur le dialogue et l’offre d’aide.

Autorité et équipe pédagogique

Face à un groupe d’adolescents, la cohérence d’une équipe suffit souvent à elle-seule et a valeur d’autorité. Nous sommes plus solides, plus forts ensemble (notamment lorsque les jeunes revendiquent ou ne sont pas d’accord avec les décisions prises par l’équipe), et pour les jeunes, c’est une vision rassurante de l’adulte au sens large : « ceux qui doivent assurer ma sécurité, physique et morale, sont d’accord entre eux, disent ce qu’ils font et surtout font ce qu’ils disent : je peux donc leur faire confiance ».

Voir aussi : Sanction : entre autorité et respect

 


[1]    COMENIUS. Česká didaktika (Didactique tchèque), 1627-1632 – œuvre pédagogique fondatrice

[2]    ROGERS, Carl. Liberté pour apprendre (1969). Dunod, 1972

[3]    NEILL, A.S.. Libres enfants de Summerhill.  Ed. François Maspero, 1970. Réédition: La Découverte , 2004

Publicités