La naissance du désir d’apprendre, Graal du formateur ?

Voir naître chez les jeunes « le désir d’apprendre » s’apparente souvent à la quête du Graal pour le formateur. On peut y associer d’autres termes comme « l’appétit ou la soif » ou plus simplement  la curiosité ou  la motivation.

Qu’est ce qui peut bien motiver un jeune à conquérir des compétences nouvelles ou à aller dénicher de nouveaux savoirs ?

Il me semble tout d’abord que cet appétit naturel soit lié au départ à l’environnement familial du jeune. En effet, nos propres familles n’ont pas toutes la même relation au savoir être, au savoir faire et au savoir tout court. De la même façon, elles ne nous ont pas toutes donné la même capacité à s’émerveiller, à s’enthousiasmer à la découverte d’un simple paysage par exemple. Ceci entraîne des habitudes et des comportements différents face à la nouveauté en général et à l’apprentissage en particulier… Mais cette capacité d’émerveillement, cette curiosité, les jeunes l’ont tous en eux ! Loin de moi l’idée d’accabler encore les familles qui font le plus souvent du mieux qu’elles le peuvent, dans un environnement social qui n’est pas toujours favorable. C’est par contre une fonction de l’école, dès les plus petites classes, de réveiller et de développer cette envie chez les jeunes. En formation, il ne faut donc pas lâcher cet objectif essentiel qui revient à voir s’allumer dans leurs yeux cette étincelle qui fera qu’ensuite ils iront chercher seuls ce dont ils auront besoin pour avancer. En MFR, la rencontre des adultes pendant le stage, ou d’autres alternances comme le voyage, favorisent ce fameux déclic recherché.

Un deuxième écueil vient du fait que la société renvoie souvent à un pessimisme et un défaitisme ambiants, qui plombent en partie le moral des jeunes. A juste titre ? En partie seulement, et c’est à nous formateurs (encore) d’aider les jeunes à sortir de ce déterminisme social, et à les conduire à imaginer et à construire leur vie future, avec des petites étoiles dans les yeux… Très injustement, plus leur propre environnement est défavorable, plus ils devront se battre et conserver cette « envie ». Tous les jeunes rêvent de  liberté, et ils comprennent vite qu’un des principaux leviers de leur liberté de demain résidera dans le fait d’obtenir un travail dans le domaine qu’ils auront choisi. Je pense à ce sujet qu’il ne faut pas négliger, quand on fait « le tour des possibles » avec les jeunes, cet « esprit d’entreprendre » qui peut être un chemin vers la réussite professionnelle.

Plusieurs facteurs conduisent enfin à l’optimisme. Le développement de la formation continue, l’énorme réservoir de ressources constitué par les réseaux informatisés tel Internet, garantissent un « garde manger » inépuisable à tous ces appétits naissants. Ensuite, les parcours atypiques deviennent la norme aujourd’hui, ces fameux « parcours non linéaires » qui sont le gage de capacité d’adaptation pour les entreprises. Ensuite, dans les services « RH », la quête aux compétences prend le plus souvent le pas sur les savoirs, ce qui valorise les apprentissages « sur le terrain » que nous défendons en MFR. Il est donc certain que la formation par alternance, telle que nous la pratiquons au quotidien en Maison Familiale Rurale, peut déclencher cette étincelle salvatrice et révéler  les talents de demain.

« L’alternance, cette stratégie de formation qui considère l’appétit d’apprendre plus important que l’appris »  – André DUFFAURE

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